[CAF CL] EST – Ahly: Les raisons d’une élimination préssentie

C’est une vraie catastrophe qui s’est abattue hier soir sur le public sang et or après l’élimination de l’Espérance Sportive de Tunis par Al Ahly du Caire à Radès même. Pourtant ce grand public, qui était massivement présent au stade hier (Plus que 45 000 spectateurs), ne méritait pas ce sort et surtout pas la prestation présentée par son équipe. On essayera dans cet article de revenir sur les causes de la déconvenue espérantiste lors de ce match retour des quarts de finale de la ligue des champions Africaine.

Une tactique trop prudente

Nous nous sommes habitués à un Faouzi Benzarti joueur qui ne craint aucun adversaire et qui focalise sa tactique sur les points forts de son équipe. L’espérance version 2017 est une équipe qui joue bien au ballon, qui a un milieu de terrain très performant et qui harcèle les équipes adverses dans leur moitié de terrain. Sauf qu’hier, Benzarti a encore une fois chamboulé l’équipe – il l’a déjà fait au match aller – en incorporant Ghaylène Chaalali sur le côté droit pour qu’il puisse prêter main forte à ses coéquipiers du milieu lorsque Al Ahly est en phase offensive. Ce choix a impacté le rendement du joueur et aussi les automatismes de l’équipe. Pire encore, Ghaylène était en retard sur le premier but Ahlaoui. On voyait bien Fakhreddine Ben Youssef sur le côté droit de l’attaque espérantiste, un joueur qui peut remplir son rôle offensif tout en bloquant Ali Maaloul qui était incontestablement l’homme du match.
Autre choix inexplicable est celui de laisser Ferjani Sassi sur le banc des remplaçants. Benzarti a choisi de jouer avec deux milieux de terrain costauds à savoir Kom et Coulibaly pour alléger la tâche à la ligne défensive, l’un des points faibles de l’équipe. Mais en faisant ce choix, l’équipe a perdu en efficacité technique. Dès le début de match, Al Ahly a mis en place un pressing suffocant et très haut sur les milieux et arrières espérantistes. Dans de telles situations, seuls des joueurs avec une bonne technique peuvent remonter la balle et trouver les solutions pour contrer ce pressing. A maintes reprises, les déchets techniques du milieu (surtout Kom) ont mis en danger la défense espérantiste et d’ailleurs c’est sur l’une de ces pertes de balles au milieu que l’espérance a encaissé le 2ème but de Ajayi.

Des joueurs cuits physiquement

Après le but égalisateur marqué par Ali Maaloul à la 50ème minute, on a remarqué une défaillance physique alarmante des joueurs espérantistes. Le même constat a été observé lors du match aller, coûtant à l’équipe une égalisation d’Al Ahly à 2-2.

Le manque de  fraicheur physique est certainement dû à une préparation de début de saison bouleversée par la participation de l’Espérance de Tunis à la ligue des champions arabes.
Il est certain que la participation à cette compétition a permis au club d’empocher des revenus financiers énormes, mais en contrepartie cela a eu des retombées néfastes sur l’équipe dans la compétition Africaine, objectif numéro un du club.
A ce niveau, la responsabilité du bureau directeur est complètement engagée. Il faut faire des choix cohérents : On ne peut pas se fixer comme objectif majeur de la saison la ligue des champions Africaine et aller disputer une compétition qui n’est même pas reconnue par la FIFA, en plein été, la période la plus décisive dans la préparation d’une saison.

Des joueurs pas à la hauteur

Le match d’hier a démontré que plusieurs joueurs n’arrivent pas à hisser leur rendement pour atteindre un niveau qui leur permettrait de jouer à l’Espérance de Tunis.
Moez Ben Cherifia est certainement le premier joueur avisé. En effet, l’enfant du club ne parvient toujours pas à retrouver son niveau des années 2012 et 2013. Lors des dernier grands rendez-vous du club, le portier espérantiste n’a pas su être décisif. Pire encore, il a été fautif sur plusieurs actions qui ont changé le cours des matchs et les résultats finaux. On se rappellera de sa bourde fatale contre le MO Bejaia lors des barrages de la coupe de la CAF 2016 ou encore plus récemment celle d’hier contre Al Ahly sur le premier but d’Ali Maaloul.
Saad Bguir peine aussi à présenter un rendement régulier. Seul vrai numéro 10 de l’équipe, il manque ces derniers temps d’inspiration, sans oublier ses pépins physiques récurrents qui l’éloignent des terrains pendant de longues périodes.
En défense, on retiendra les prestations en dents de scie de Chameddine Dhaouadi et Iheb Mbarki. Pourtant, ce dernier a été l’un des acteurs majeurs de la belle saison de l’espérance lors du dernier exercice. On pense que la fatigue due à la succession des matchs a eu raison de la fraicheur du joueur.
Au vue du rendement instable de plusieurs joueurs de l’équipe première, le club a besoin de renforcer la concurrence en recrutant des doublures de valeurs sûres dans tous les compartiments de jeu. Le club a déjà fait une bonne affaire au début de ce mois en recrutant coup sur coup Anis Ben Hatira et Michael Eneramo. Ces deux recrues apporteront sûrement un plus à l’équipe, mais cela reste insuffisant.

A.G

Commentaires