CAF CL: l’Espérance face à ses vieux démons

Samedi prochain se déroulera la manche retour des quarts de finale de la ligue des champions de la CAF entre l’Espérance Sportive de Tunis et Al Ahly d’Egypte au stade de Radès. Au vue du match aller, ce sera encore une fois une confrontation animée, indécise et palpitante entre ces géants du football Africain.
L’ES Tunis a certes ramené un bon résultat d’Alexandrie, avec à la clé un match nul 2-2, mais Al Ahly garde toutes ses chances intactes pour la qualification aux demi-finales.
L’Histoire nous rappellera toujours que l’Espérance a perdu plusieurs titres dans la plus prestigieuse des compétitions Africaines après avoir fait le plus dur à l’extérieur et qu’à l’inverse, Al Ahly a su inverser la vapeur à maintes reprises après des résultats moyens à domicile.
Bon nombre d’observateurs et de supporters espérantistes donnent les Tunisiens archi favoris, alors que la réalité est toute autre. Ce sera du 50/50.

L’Espérance et les grands rendez-vous

Dans son histoire, l’ES Tunis a raflé plusieurs titres continentaux ce qui lui a valu le surnom de l’Ogre d’Afrique – comme ses supporters aiment l’appeler. Deux ligues des champions, une coupe de la CAF, une coupe des clubs vainqueurs de coupes et une Supercoupe garnissent la salle des trophées à Bab Souika. Un palmarès très riche qui aurait pu l’être davantage si le club avait su négocier plus efficacement ses grands rendez-vous.
En effet, l’Espérance détient le triste record d’être la 2ème équipe Africaine qui a perdu le plus de finales (4) en CAF CL après Asante Kotoko (GHA). Mais ce n’est pas tout… Le club a perdu les éditions 1999 et 2012 après avoir ramené un match nul loin de ses terres (0-0 face au Raja Casablanca en 1999 et 1-1 face au Ahly en 2012). S’ajoutent à ces tristes statistiques les déconvenues du club lors des éditions 2001, 2004 et 2013 de la CAF CL où les Tunisois se sont faits éliminer aux portes de la finale face respectivement à Al Ahly, Enyemba et Orlando Pirates avec des scénarios similaires à ceux de 1999 et 2012.

L’autre point commun à de toutes ces désillusions est que sur le papier l’Espérance était considérée supérieure à ses adversaires sur tous les niveaux : technique, tactique, richesse de l’effectif…etc. Mais ceci n’a pas empêché les adversaires de faire une volteface et de repartir avec le titre ou la qualification.

La préparation Mentale

Ces statistiques montrent une fébrilité mentale flagrante qui s’étend sur toute la structure du club : joueurs, staffs technique et administratif et même supporters. Je dirais même que c’est un point faible commun à tous les clubs Tunisiens. Le match nul à l’extérieur lors des phases à élimination directe a toujours été un score certes positif, mais jamais décisif. Ce genre de situations nécessite une préparation mentale très élaborée et spécifique, un aspect que nos clubs ne lui accordent pas l’importance nécessaire.

Pour ce genre de rendez-vous, le combat psychologique commence par essayer de faire abstraction du résultat du match aller. Il faut arriver à convaincre les joueurs que la qualification se jouera sur un seul match, celui de Radès. Par conséquent, la victoire est impérative et les volets technico-tactique doivent suivre, avec un esprit porté vers l’attaque. A ce niveau, Benzarti a l’expérience nécessaire pour booster ses joueurs et mettre en place le système adéquat pour aller chercher la victoire.

Mais la préparation mentale ne se limite pas à ce premier point. En effet, il faut se préparer pour affronter un adversaire qui maitrise l’art de la provocation sur et en dehors du rectangle vert. Les Ahlaouis vont tout essayer pour mettre la pression sur les Tunisiens pour les déconcentrer et leur faire perdre leur sang-froid (Al Ahly a contesté la désignation de l’arbitre Alioum Sidi). Les joueurs espérantistes sont avertis, ils ne doivent pas tomber dans le panneau.
Enfin, les supporters espérantistes qui seront présents à Radès doivent être derrière leur équipe du début à la fin de la rencontre. Aucun scénario, aussi défavorable qu’il soit, ne doit semer le doute dans les supporters parce que cela risque de se répercuter sur les joueurs.

Faouzi Benzarti, l’homme de la situation

L’histoire a montré que l’ES Tunis a raté plusieurs grands rendez-vous dans son parcours Africain. Mais avec la présence de Faouzi Benzarti sur le banc espérantiste, les supporters rouges et jaunes ne peuvent qu’être confiants quant à l’issue de cette double confrontation avec Al Ahly. En effet, Benzarti est un vrai meneur d’homme, avec une personnalité forte et confirmée ; un profil très utile dans ce genre de situations.

A.G

 

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