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Tunisie-Angleterre: Les raisons de l’échec

La Tunisie s’est inclinée avant hier soir 2 à 1 dans le temps additionnel lors de son premier match de coupe du monde face à l’Angleterre. Une revanche 20 ans après, ratée pour nos aigles qui ont plutôt fait pâle figure pour leur entame de compétition. Footballtunisien.com a décrypté la rencontre et revient pour vous sur les raisons de cet échec.

Des faiblesses de la défense tunisienne parfaitement étudiées et exploitées par l’Angleterre

Gareth Southgate a parfaitement étudié les faiblesses de notre défense et son équipe a su les exploiter à merveille. La sélection anglaise pourtant riche en excellents joueurs balle au pied, a systématiquement cherché à balancer de longs ballons dans le dos de la défense centrale tunisienne. De longues ouvertures ou centres à 20 mètres de la surface de réparation en diagonale qui atteignent à chaque fois le second poteau opposé et permettent aux attaquants anglais d’enchaîner par des reprises ou de décaler les partenaires qui montent en nombre à chaque offensive. On comprend rapidement le curieux 3 5 2 Anglais…On balance de longs ballons, on se rue à l’attaque et on sécurise les contre-attaques adverses avec 3 axiaux. Les longs ballons aériens ont constamment mis en difficulté nos défenseurs Tunisien. Lors de la première période outrageusement dominée par les Three Lions, notre défense ne parvient pas s’organiser et se fait surprendre à chaque long ballon derrière son dos.

Une réaction mi figue-mi raisin de l’équipe nationale:

Alors que la sélection nationale prend l’eau lors du début de la première mi-temps, elle ne tente pas de se réorganiser. N.Maaloul ne donne pas de nouvelles consignes et les joueurs attendent que l’orage passe. M.Hassen et F.Ben Mustafa ont heureusement été héroïques en repoussant plusieurs buts et en évitant que la note ne soit plus salée. Lors de la seconde période le sacrifice consenti par Badri et Ben Youssef qui donnent d’eux même et se convertissent en latéraux et le replacement de Bronn en soutien de la charnière permet à l’équipe nationale de recadrer la défense et rendre l’attaque anglaise muette…En revanche, c’est notre attaque qui en est sortie alors déstabilisée. Khazri et Sliti déjà difficile à trouver en première mi-temps sont à présent totalement esseulés. Si le changement Sliti/Ben Armor parait le meilleur choix possible pour permettre à l’équipe d’exister dans l’entre jeu et se projeter, il intervient trop tard. Ben Armor n’a pas le temps de peser sur le jeu…au contraire il commet une erreur qui nous coutera très cher.

Des joueurs en dessous de ce qu’ils savent faire et une rampe de lancement en panne…

Lundi soir, subjugués par l’évènement et par l’Ora d’un adversaire pourtant à leur portée, gênés physiquement par de récentes blessures, déstabilisés par la tactique adverse les joueurs tunisiens ont fait preuve de manques et de lacunes. A.Maaloul incertain avant le match a été très loin de son niveau et n’a pas fourni son apport offensif habituel. E. Skhiri très en dessous de son rendement habituel, a montré beaucoup d’hésitation et d’errance pour son premier match en compétition internationale. Il ne s’est pas entendu défensivement avec F. Sassi et ne se sont pas non plus retrouvés dans le jeu de relance et de projection, laissant un entre jeu et une rampe de lancement, (qui fait habituellement notre force) en panne. Nos défenseurs centraux qui ont pourtant montré qu’ils sont intraitables balle au sol, ont été surpris et dépassé par la tactique adverse. A.Badri en passant son temps à défendre ne nous a pas fait du A.Badri en attaque. W.Khazri qui a eu un match compliqué pour son retour de blessure, n’a pas assez décroché et n’a pas non plus fait ce qu’il sait faire. Au final si les joueurs ont tout de même fait preuve d’une combativité exceptionnelle en 2ème mi-temps, ils n’ont pas joué leur jeu habituel et ont beaucoup trop subit le jeu en restant acculé en défense…

Du jeu…mais dans notre propre moitié de terrain

A l’image de Ben Armor qui concède le corner final ou de A.Maaloul qui se fait chiper le ballon dans sa surface de réparation, les aigles de Carthage ont souvent tardé a dégager le ballon se mettant en danger à maintes reprises… En effet les joueurs tunisiens, portés par une philosophie de jeu de possession de balle et de passes, ont tenté systématiquement de remonter proprement le ballon. Un exercice périlleux et extrêmement difficile, qui a fini par se retourner totalement contre eux. Si l’on loue cette philosophie à laquelle tient particulièrement N.Maaloul et que l’on s’enchante d’être très loin de l’époque du célèbre 4-5-0 (après l’expulsion de Jaziri) de Roger Lemerre pour qui faire le jeu ne semblait qu’accessoire…On ne peut que constater et regretter que, poussé à son paroxysme, la philosophie du « jeu propre » devient contre-productive, pire elle nous met en danger ! Il faut qu’un moment donné la sélection nationale se rende compte que dégager très loin le ballon n’est pas une honte. Au contraire cela permet d’éloigner le danger et de faire rapidement avancer les lignes pour ne pas rester acculé en défense et exercer un pressing dans la moitié de terrain adverse. Faire du jeu oui ! Passes talonnades une-deux jeu en triangle, les joueurs tunisiens bons techniciens pour la plupart, ont tout passé en revu…mais l’ont fait dans leur propre moitié de terrain… On espère voir rapidement les aigles pratiquer leur football et leur philosophie de jeu à bon escient. C’est à dire en se projetant rapidement dans le camp adverse pour y faire tout le travail de conservation et de passes que notre sélection sait très bien faire.

Faiblesse sur coups de pieds arrêtés…un problème à corriger d’urgence.

Face à l’Angleterre, la sélection nationale a fait preuve de très grosses largesses sur les coups de pieds arrêtés. Manque d’organisation, d’alignement, de communication et surtout d’impact physique les aigles ont été mis en danger sur tous les coups de pieds arrêtés anglais. Les 2 buts anglais surviennent d’ailleurs sur corner. Pour la suite de la compétition nos aigles doivent impérativement se régler et régner sur le domaine aérien. Au coach Maaloul de trouver les plans d’actions à mettre en place et trouver les mots.
Les aigles de Carthage ont toutes les armes pour revenir dans le tournoi, même si le défi parait maintenant extrêmement compliqué en rencontrant lors du prochain match une Belgique qui a fait une forte impression. Notre sélection peut renverser la tendance. À elle de corriger les défauts qui ont été les siens lors du premier match, de mettre plus d’impact et plus de détermination et surtout de pratiquer son football. En témoigne le penalty concédé par l’Angleterre après une longue phase de jeu de passes (23 passes) des contrôles et gestes de techniques de qualité (A.Maaloul, N.Sliti). Nos aigles ont fait preuve d’une belle combativité pour résister aux assauts des anglais, nous le savions la force de caractère de notre sélection est une de ses qualités…Il est désormais temps de voir sa seconde qualité.

 

RR17

Tunisie – Angleterre : les notes

MOUEZ HASSEN : non noté

Le grand malheureux de cette rencontre avec une très belle entame de jeu et de magnifiques parades il doit rapidement céder sa place à cause d’une blessure à l’épaule.

Dylan Bronn : 4/10

Un match difficile pour Dylan Bron, s’il a bien fermé le couloir à D. Alli, il a été mis en difficulté sur les ballons aériens venu de l’autre côté. Offensivement il a tenté d’apporter des solutions en 1ère mi-temps avant de rester acculé en défense en 2ème période.

Ali Maaloul : 2/10

On n’a pas du tout reconnu A.Maaloul ce soir. En retard sur toutes les attaques adverse venant de son côté face au virevoltant Sterling, il n’a ni pesé défensivement ni offensivement. Un match à vite oublier, on espère vite le revoir à un meilleur niveau pour le match face aux Belges où on aura absolument besoin de lui.

Syam Ben Youssef/: 3/10

Une déroute défensive totale de nos axiaux. Syam Benyoussef et Y.Meriah ont été mis en difficulté sur tous les ballons aériens. Proche du ridicule en 1ère mi-temps, la charnière centrale a été loin du niveau international.

Yassine Meriah: 3/10

Pas mieux que son Syam. Une déroute défensive totale de nos axiaux. Syam Benyoussef et Y.Meriah ont été mis en difficulté sur tous les ballons aériens. Proche du ridicule en 1ère mi-temps, la charnière centrale a été loin du niveau international.

Ferjani Sassi 5/10

Un match très faible de Ferjani Sassi, il n’a pas existé dans l’entrejeu, et n’a pas permis un instant à l’équipe de se projeter. Seul point positif, il n’a pas tremblé sur le penalty et nous a permis d’y croire jusqu’à la dernière minute.

Ellyès Skhiri : 3/10

Match très faible également pour le montpelliérain. On l’a senti perdu sur les attaques anglaises. Heureusement qu’il a largement été aidé par Badri et Ben Youssef . Très lent dans la relance, il faut que notre sentinelle se réveille pour le prochain match. Son rôle est essentiel !

Anice Badri : 4/10

Généreux dans l’effort, il a fait un bon travail défensif. C‘est lui le joueur le plus à l’aise techniquement ce soir, omniprésent en défense c’est lui également qui a permis aux tunisiens de se projeter en attaques les rares fois où l’équipe l’a fait. On attend de lui davantage offensivement Avec tous les efforts fournis il a manqué de lucidité en fin de match.

Naim Sliti 4/10 :

De bonnes intentions pour Naim Sliti en 1ère mi-temps qui a tenté sa chance sur des frappes de loin et a cherché a dérouté la défense adverse en se remuant sur tous les côtés…Moins en vue en 2ème mi-temps, il a logiquement cédé sa place à Ben Armor.

Fakhreddine Ben Youssef : 6/10

Très gros apport défensif, il s’est sacrifié pour son équipe. C’est lui qui amène le penalty. Une très grosse activité pour El Rouge qui malheureusement a montré encore une fois sur les phases de remontée de balle qu’il est trop limité techniquement.

Wahbi Khazri : 5/10

Esseulé en pointe, match très difficile pour notre capitaine. Il a tout de même rassuré surs ses prises de balles. On espère le voir monter en puissance face à la Belgique.

Mohamed Amine Ben Amor : 3/10

Entré en cours de jeu, il s’agissait pourtant du choix le plus logique. Nous comptions sur lui pour soutenir les défenseurs, remonter le ballon et permettre à A. Badri de se libérer et aider Khazri. Il n’en a rien été…C’est lui le fautif sur le corner qui amène le 2eme but. Une erreur qui coute très cher.

Farouk Ben Mustapha: 6/10

Entré en cours du jeu à la place de Hassen, Il a été excellent durant tout le match. Il a été héroïque et a repoussé de nombreuses tentatives des anglais.

Saber Khalifa : non noté

Entré en jeu en pointe de l’attaque dans un contexte compliqué, il n’a pas su se positionner et a été signalé hors-jeu stupidement sur une contre-attaque qu’il fallait mener au bout.

T.A

CDM : La Tunisie s’incline sur le fil

Après douze ans d’absence à la Coupe du monde, la sélection tunisienne faisait son retour à la compétition. Pour son entrée en lice la sélection tunisienne était opposée à l’Angleterre. Un retour raté pour les hommes de Maaloul qui, outrageusement

Cueilli à froid dès la 11e minute sur un but de Harry Kane, les tunisiens sont parvenus à remettre les pendules à l’heure grâce à une réalisation de Ferjani Sassi sur penalty.

Outre les deux buts, la première période a été marquée par la sortie sur blessure de Moez Hassen, en pleurs.

Alors qu’on se dirigeait vers un match nul, Harry Kane a trouvé la faille dans la défense tunisienne dans les arrêts de jeu pour donner la victoire aux siens. Le joueur de Tottenham s’est offert un doublé.

Les anglais rejoignent les Belges en tête de ce groupe G, alors que la Tunisie, avec zéro point est désormais dernière en compagnie du Panama.

Blessure de Msakni : Maaloul doit prendre ses responsabilités

Dimanche dernier, le public sportif tunisien s’est réveillé avec la langue de bois. Youssef Msakni le meneur de jeu des Aigles de Carthage s’était blessé la veille, gravement aux ligaments croisés.
Très vite, les médias ont annoncé son forfait de la coupe du monde, étant donné que les premiers diagnostics médicaux convergeaient vers une période de repos minimale de trois mois. Sauf que quelques médias persistent à entretenir l’idée que Msakni pourra quand même être présent en Russie, justifiant ceci par la présence de traitements miraculeux. Cette idée a même été relayée par notre confrère Razi Ganzoui à Dimanche Sport. C’est donner des faux espoirs au public.

A mon humble avis, Youssef ne pourra pas faire partie du groupe mondialiste, et même s’il est, par miracle, rétabli avant le début de la coupe du monde (c’est tout le mal qu’on lui souhaite), il ne sera pas en forme pour livrer des matchs avec une grosse intensité physique. Il est inutile d’entretenir l’espoir qu’il pourra être prêt, ceci pourrait porter atteinte à la qualité de la préparation des Aigles de Carthage, et nous comptons sur Nabil Maaloul de bien gérer la situation.

Le cas Dos Santos en 2006

Cet épisode me rappelle celui de Dos Santos en 2006. Le buteur tunisien de l’époque, qui était un élément incontournable de l’effectif, s’était blessé quelques mois avant la coupe du monde 2006. Pendant les mois qui ont précédé le début du mondial allemand, l’état de santé de Santos était au centre des débats. Le staff médical avait tout fait pour que Santos soit retenu dans la liste. Roger Lemerre, sélectionneur des Aigles, n’avait pas cherché une solution alternative. Il était resté attaché à l’idée de récupérer son attaquant vedette.

Finalement, Santos a été retenu dans la liste mais amoindri. Il a participé seulement à neuf minutes pendant les trois matchs du premier tour. Il était entré en jeu face à l’Ukraine à la 81 ème minute.

Nabil Maaloul doit prendre ses responsabilités !

Je crains que l’histoire ne se répète. Nabil Maaloul, un as de la communication, doit prendre ses responsabilités rapidement et prendre des décisions. L’action de Maaloul devrait se porter sur deux axes : la communication : à très court terme et la technique à court/moyen terme.

Premièrement, et sur le plan de la communication, le coach tunisien doit intervenir rapidement, pour soigner le moral de l’équipe et montrer qu’il croit en son groupe malgré l’absence de Msakni. Il ne faut pas que laisser le doute s’installer autour de la participation de Msakni. Il faut mettre les choses au clair. Si on doit se passer de lui, il faut prendre la décision au plus vite et commencer à préparer des alternatives. Maaloul ne doit surtout pas montrer sa frustration, les émotions ça se transmet. On sait que ça ne sera pas chose facile puisqu’on connaît l’importance du joueur dans le schéma de jeu de Maaloul et sa proximité avec lui. Mais une équipe ne peut jamais se résumer à un seul joueur, aussi important soit-il.

Deuxièmement, et sur un plan technique, Maaloul devra trouver des solutions pour remplacer un joueur irremplaçable… En faisant appel à de nouveaux joueurs éventuellement où à revoir son schéma.
Je peux donner un petit argument au coach, la Tunisie a livré un de ses meilleurs matchs face au Costa Rica et ce … en l’absence de Youssef…

A bon entendeur.

T.A